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Source: Médecins Sans Frontières
21 May 2004



COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Rafah - Territoires Palestiniens: MSF demande que cessent les tirs contre les civils et les destructions massives des habitations.

Médecins Sans Frontières exige le libre accès aux populations.

Paris, le 21 mai 2004.

Depuis la mi-mai l'armée israélienne a entrepris de détruire plusieurs centaines de maisons de Rafah, privant ainsi d'abri des milliers d'habitants. Vendredi 14 mai, une vingtaine de maisons étaient déjà à terre et plus de 100 habitations avaient été détruites à la fin du week-end. Plus de 200 familles (1.400 personnes) se sont retrouvées à la rue et ont dû se réfugier dans des écoles, des mosquées et dans le stade de Rafah. Les attaques de l'armée israélienne contre les habitations se sont soldées par plusieurs dizaines de morts et de blessés civils. Les habitants n'ont pas le temps d'évacuer leur maison et ceux qui y parviennent sont la cible de tirs. Des appels de détresse ont été lancés demandant l'intervention des ONGs car les occupants des maisons craignaient d'être "enterrés vivants".

Mercredi 19 mai : en visitant l'hôpital Abu Juseth el Najar de Rafah, l'équipe de Médecins Sans Frontières a dénombré 60 blessés et 29 morts civils pour cette seule journée (essentiellement des enfants, des femmes et des personnes âgées), victimes des tirs sur la foule lors d'une manifestation. Des personnes qui s'étaient regroupées pour prier ont également été visées : "elles avaient pratiquement toutes des blessures dans le dos" a constaté le Dr Nassera BUTIN, coordinatrice médicale. Des ambulances ont, elles aussi, été prises pour cible, tous les déplacements sont dangereux et seuls 20 blessés ont pu être transférés vers les deux hôpitaux principaux, mieux équipés, de Rafah.

Hier, l'équipe MSF a travaillé toute la journée à l'hôpital Najar, où 60 nouveaux blessés ont été admis alors que cet hôpital n'a pas les capacités d'absorber un tel afflux. Deux médecins MSF ont assuré des soins et aidé au triage des blessés. Afin de désengorger les services d'urgence, les cas les moins graves ont été référés vers un centre de santé proche et des voisins ont également mis à disposition leur garage ou leur magasin. Du matériel de premiers secours (anesthésiants, antibiotiques, compresses, pansements, etc.) a été fourni au centre de soins. Nos deux psychologues ont organisé des sessions de débriefing collectif dans des écoles et sont allés directement à la rencontre des gens, dans la rue. Hier, l'eau a été rétablie pendant trois heures uniquement et la population n'a pas eu la possibilité de la stocker, voire de se déplacer pour s'approvisionner. Ce problème d'accès à l'eau potable est extrêmement inquiétant.

Médecins Sans Frontières demande la cessation des tirs contre les civils et des destructions massives des habitations. Médecins Sans Frontières exige le libre accès aux habitants de Rafah pour toutes les organisations de secours. En effet, nos équipes ont énormément de mal à rejoindre les centres de secours, ainsi que les quartiers où la population s'était réfugiée en quête de sécurité et qui ont été, à leur tour, attaqués hier. La coordination avec les autorités militaires israéliennes sur le terrain ne s'effectuant quasiment pas, nos équipes - pourtant officiellement autorisées à circuler - sont mises en joue et bloquées par les chars. Le risque encouru par nos volontaires, ainsi que par l'ensemble des acteurs humanitaires, est très important. Même les abords de l'hôpital ne sont plus sécurisés : les tentes que Médecins Sans Frontières avait installées pour l'accueil des blessés ont été touchées par des "balles perdues".

Depuis 4 ans, Médecins Sans Frontières travaille à Rafah où nous apportons une assistance médicale, psychologique et sociale aux habitants très éprouvés par les violences répétées dont ils sont victimes.

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Isabelle MERNY au +33(0)1 40 21 28 42 ou au +33 (0)6 14 64 44 48.

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