Home || Permalink
U N I T E D N A T I O N S

Distr.


A/AC.25/AR/50
2 September 1951

Original: French
Monsieur le Président,

Par communication en date du 10 août 1951, vous avez bien voulu me faire connaître que la Commission de conciliation des Nations Unies pour la Palestine a décidé, au cours d’une session spéciale tenue à Genève, d’inviter les Gouvernements de l’Egypte, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie à participer à la réunion que la Commission compte tenir à Paris à partir du 10 septembre 1951.

En réponse, je m’empresse d’informer Votre Excellence que de l’avis du Gouvernement égyptien, le résultat de 1’œuvre jusqu’ici réalisée par la Commission dans l’accomplissement de sa mission n’est pas encourageant. En effet, elle n’a pu malheureusement atteindre aucun des objectifs visés par les résolutions successives de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le problème palestinien. Il fait trouver 1’origine de ce bilan négatif dans la politique d’obstruction systématique et de fait accompli que les sionistes ne cessent de suivre en violation des résolutions des Nations Unies. Non seulement les refugies arabes n’ont pu réintégrer leurs foyers, comme c’est leur droit naturel consacré par les résolutions en question, mais les sionistes confisquent leurs biens, maisons et terres, et installent en leurs lieu et place des immigrants juifs venus des quatre coins du monde; ils continuant de refouler la population arabe soumise à leur administration mettant en échec par leur fait 1’exécution des résolutions des Nations Unies ordonnant le retour des réfugiés et créant des conditions susceptibles de prolonger l’état d’instabilité et de troubles dans le Moyen Orient.

Toutefois, marquant son désir de poursuivre sa collaboration avec la Commission, le Gouvernement égyptien a décidé de se rendre à son invitation. Il a désigné Son Excellence Mohamed Abdelmonem Mostafa Bey, Envoyé Extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de l’Egypte à Berne, comme son représentant aux réunions de Paris.

Il y a lieu de rappeler à cette occasion la position des Gouvernements arabes quant à la méthode de travail à adopter dans la collaboration de leurs représentants avec la Commission. Cette méthode a fait l’objet d’une déclaration que j’ai faite à Monsieur le représentant de 1a Commission, au nom des dits gouvernements, au cours d’une réunion tenue au Caire le 14 avril 1950.

De plus, le Gouvernement égyptien ne saurait trop insister sur la nécessite de donner effet aux résolutions successives de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le problème palestinien. Il est persuadé que la mise en œuvre de ces résolutions est seule de nature à faciliter la tâche de la Commission.

En ce qui concerne les solutions concrètes, que la Commission, déclaré être en mesure de soumettre aux parties dans l’exercice de sa mission de médiation, le Gouvernement égyptien voudrait en être informé le cas échéant et aussitôt que possible en vue de les étudier et de donner les instructions nécessaires à leur sujet à son représentant aux réunions de Paris.

Il reste entendu que ces propositions doivent être conçues dans le cadre des résolutions des Nations Unies.

Je saisis cette occasion pour vous renouveler, Monsieur le Président, les assurances.de ma haute considération.


Mohamed Salah El Din
Ministre des Affaires étrangères d’Egypte

Réponse à l'invitation à la conférence de Paris - Télégramme de l’Egypte Français