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U N I T E D N A T I O N S

Distr.


A/AC.25/W/27
10 September 1949

ORIGINAL: FRENCH



COMMISSION DE CONCILIATION DES NATIONS UNIES POUR LA PALESTINE

EXTRAIT DE LA PUBLICATION LE COMMERCE DU LEVANT,
BEYROUTH, LE 17 AOUT 1949

Les Troubles économiques du Moyen-Orient




-- Abondance des récoles et absence de débouchés
-- Difficultés monétaires
-- Déficit écrasant de la balance commerciale

Les nouvelles parvenant du Moyen-Orient à Londres montrent les pays arabes allant vers un “cauchemar” économique. Alors qu’un million de réfugiés arabes vivent sous des tentes éparpillées au désert et reçoivent une alimentation ne suffisant pas à satisfaire leur faim, nous remarquons que certains pays sont menacés de troubles économiques, parce qu’ils n’arrivent pas à écouler leur surplus de mais et d’orge.

Le ministre des Finances irakien a déclaré que le pays est en possession de 500.000 tonnes de maïs et d’orge, dépassant les besoins de la population, pour lesquels il n’est pas possible de trouver acquéreur. Ce qui rend la situation plus mauvaise encore, c’est que l’Irak n’a pas de grands entrepôts dans lesquels de pareilles quantités de céréales peuvent être emmagasinées. Celles-ci sont exposées aux insectes et aux intempéries.

Le ministre des Finances irakien a également déclaré clue le précédent gouvernement à non seulement abandonné vide la caisse de l’Etat, mais de plus il l’a laissée obérée d’une dette de plus de 5 millions de livres sterling.

De plus, le commerce extérieur de l’Irak s’est effondré. Le montant des importations de l’année dernière a dépassé de 44 millions de livres la moyenne habituelle, alors que ses exportations étaient réduites à 8 millions de livres seulement, marquant ainsi une diminution de 2 millions de livres sur l’exercice précédent.

La Grande-Bretagne a accepté de participer à des études et à des échanges de vue à Bagdad pour examiner la possibilité de débloquer une plus grande partie des crédits sterling, pour permettre à l’Irak de surmonter les difficultés les plus immédiates. La Banque internationale de reconstruction a promis, d’autre part, d’étudier au courant du mois prochain la demande de l’Irak pour un prêt de quatre millions de livres.

Le ministre des Finances a dit que si la Banque internationale de reconstruction refusait le prêt, “l’Irak aurait à affronter une période très difficile.”

La situation en Syrie et au Liban ressemble de très près à celle de l’Irak, La Syrie a un surplus à la consommation locale de blé égal é 100.000 tonnes, le Liban un surplus de 40.000 tonnes de blé imports du Canada, et la Jordanie, également, est en possession de 100.000 tonnes en quête d’acheteurs. De même, ces pays n’ont pas de grands entrepôts et leurs produits risquent de se détériorer et d’être volés.

Le rapprochement avec l’Irak peut être fait aussi pour le commerce extérieur. Le Liban et la Syrie ont importé l’an dernier des marchandises pour 50 millions de livres alors que leurs exportations ont à peine atteint 10 millions de sterling.

Suivant les chiffres publiés dans les journaux économiques libanais, la Syrie et le Liban ont vendu en 1947 les 35% de leurs exportations à la Palestine. Ce rapport est tombé, l’an dernier, à 2 et demi % seulement... Quant au reste, il est entassé dans les dépôts.

Les experts constatent avec inquiétude que la balance commerciale de l’Egypte, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Transjordanie était l’année dernière déficitaire à concurrence de 110 millions de livres sterling, ce qui représentait le double du chiffre de 1947.

Ce qui empire encore les choses, c’est qu’on pourrait s’attendre à une augmentation de déficit, pour cette année, en raison de la baisse des prix du coton égyptien.

La publication de ces chiffres a fait comprendre aux pays arabes le danger qui les menace du côté économique. I1 faudrait porter remède à cette situation autant que possible en dehors du cadre des accords politiques.

Mais malheureusement rien jusque là, ou presque, n’est réalisé dans ce sens.


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